Vous lisez 14 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #800049
      Spiil
      Maître des clés

      Bonjour à tous,

      Je m'interroge sur l'intérêt des entreprises qui font des "panoramas de presse" comme Kantar ou l'Argus de la presse (aujourd'hui Cision), en termes de business pour un éditeur.

      Mon hypothèse : ces entreprises vivent en parasites sur le dos des éditeurs, en facturant des prestations de veille qu'Internet offre gratuitement. Elles rémunèrent les éditeurs (via le CFC) pour des montants faibles, qui plus est payés avec beaucoup de délai (en gros, on touche par exemple début 2019 les redevances perçues pour les copies réalisées début 2018). Et si ces entreprises n'existaient pas, les personnes ou structures intéressées par nos articles nous les achèteraient en direct, au prix que nous fixons (non au prix pas contraint par la grille de tarif du CFC) et immédiatement (non pas avec un an de délai).

      Du coup, je me demande si je vais laisser ces entreprises renouveler leur abonnement chez moi. Je me dis que si je ne les laisse pas renouveler, j'aurai moins de recettes CFC, mais peut-être plus de recettes sur les ventes à l'unité, voire aussi sur les abonnements.

      Que pensez-vous de mon hypothèse ?

      Est-ce que certains d'entre vous ont cessé d'alimenter ces entreprises en ne les laissant pas souscrire des abonnements ? Si oui, qu'est-ce que cela a donné en termes de business ?

      Merci d'avance.

      Cordialement,

      OG

    • #850161
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Joël Wirsztel

      En tant qu'éditeur d'une lettre payante, positionnée au maximum de la grille CFC, les revenus émanant de Kantar et Cision et de manière générale du CFC ne sont pas négligeables. Nous n'avons pas le sentiment que cela affecte nos abonnements car le service global que nous apportons va au-delà du picorage ponctuel de quelques articles via des mots-clés.

      Le service qu'offrent ces intermédiaires (apporter en quasi temps réel nos contenus), ne peut entrer en concurrence, de manière générale et selon nous, à une éventuelle recherche directe.

      Dans notre cas, il n'est de toutes façons pas possible d'acheter nos contenus à l'article sur internet et le seul mode d'accès est via ces intermédiaires.

      En ce qui nous concerne donc, pas question de refuser leur abonnement et la possibilité de proposer nos contenus à leurs clients.

    • #850160
      Olivier Guichardaz
      Participant

      Publié par Olivier Guichardaz

      Merci pour ce regard.

      Dans mon cas, le problème est que certains gros articles (5 pages ou plus) sont achetés via le CFC et les panoramas de presse à des prix très inférieurs à ceux auxquels je vends les numéros à l'unité. Et compte tenu de ma pagination, ces articles constituent une grosse proportion des numéros en question.

      Quant aux revenus du CFC, ils représentent moins de 2 % de mon CA, dont une bonne part n'est pas réalisée via Kantar ou Cision, mais par des entreprises déjà abonnées et qui, ponctuellement, souhaitent distribuer tel ou tel article au delà des personnes abonnées chez elles.

      La donne est donc, dans mon cas, un peu différente de ce qu'elle est pour vous. Je me trompe ?

    • #850159
      Olivier Guichardaz
      Participant

      Publié par Olivier Guichardaz

      Est-il indiscret de vous demander quelle part de votre CA représentent les revenus CFC (éventuellemment, vous pouvez me répondre "en privé" : guichardaz@dechets-infos.com…).

    • #850158
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Michel Deprost

      Tout à fait d’accord.

      Cela pose la question de la mise en place d’un outil collectif aux mains des éditeurs, une structure capable aussi de faire la promotion des contenus, de la veille, etc.

      Michel Deprost Enviscope.com

    • #850157
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Alexis Nekrassov

      Bonjour @Olivier Guichardaz , à la création des Clés du Digital (positionnement BtoB), nous avons décidé de nous passer des services de Kantar et consorts. Par refus du "parasitisme" que tu évoques et aussi pour être plus près des lecteurs, ne pas créer une couche supplémentaire d'intermédiaires. On a ajouté un petit plugin de vente à l'unité à côté du paywall, tous les articles peuvent être achetés en PDF (avec une protection anti-copie). La démarche est désormais bien admise, plus personne ne m'écrit pour demander un article gratuitement. La majorité des achats sont réalisés par les cabinets de relation presse, quand l'article parle de leur client ou de son marché, de ses concurrents.

      Nous avons d'abord mis le prix à 7,5€ HT, un an plus tard on l'a porté à 10€ HT et je pense qu'on peut le vendre plus cher 🙂 Fabriquer le PDF protégé prend moins de dix minutes, facturation comprise. On fait une dizaine de ventes par mois, ça paye quelques déjeuners.

      Je serai curieux de savoir combien tu gagnes avec Kantar et co, pour quel volume ?

      Amitiés

    • #850156
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Joël Wirsztel

      Nous ne communiquons pas sur nos chiffres, mais oui, c'est bien supérieur à 2 %

    • #850155
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Joël Wirsztel

      Ok mais 10 ventes par mois ça fait 1200 € par an max. Et tu te prives de l'abonnement payé par Kantar et Cision, soit 700 € selon ton tarif. Reste à récupérer 500 € via le CFC.

      Ca vaut le coup d'essayer au moins un an. Et d'ailleurs de laisser éventuellement les ventes d'articles sur le site, ce que je ne recommande pas.

      En ce qui nous concerne nous avons décidé il y a déjà bien longtemps d'arrêter les ventes à l'article ou au numéro. Certains de nos prospects évoquaient le fait de pouvoir acheter à l'article pour ne pas s'abonner et disaient consommer régulièrement. Quand je regardais le compte, il avaient commandé pour 40 € 2 ans auparavant et avaient consommé quelques euros.

      Le CA que je faisais avec les articles à l'unité a en quelques semaines été plus que compensé par les abonnements de ceux qui ne pouvaient plus acheter des articles à l'unité…

    • #850154
      Olivier Guichardaz
      Participant

      Publié par Olivier Guichardaz

      Merci pour ces éléments.

      L'abonnement de Kantar rapporte 200 € (195 pour être précis). Quant à Cision, il ne s'est pas réabonné…

      Dans mon cas, le prix de vente des numéros à l'unité (30 €/numéro ; je ne vends pas d'article à l'unité) est déterminé de telle sorte qu'une personne qui souhaite acheter de façon un peu régulière un numéro a plutôt intérêt à s'abonner… La vente à l'unité est en place uniquement pour les achats ponctuels. A partir de 6-7 numéros achetés par an (sur 23 parutions), ce n'est plus intéressant…

      [Ce qui n'empêche pas un de mes clients de m'acheter très régulièrement des numéros à l'unité, de telle sorte que ça lui coûte plus cher que s'il était abonné, et en disposant de moins de numéros… 😀 Mais c'est un cas particulier : un client qui PAR PRINCIPE ne veut pas s'abonner…]

      Je pense que je vais tenter de refuser le réabonnement de Kantar.

      Je pense que je perdrai un peu en diffusion totale (le nombre de personnes qui lisent), et donc évidemment en droits du CFC.

      Mais je pense que je gagnerai :

      — sur les ventes de numéros à l'unité

      — sur les abonnements.

      Evidemment, ça sera difficile à mesurer car beaucoup d'autres facteurs peuvent faire évoluer ces chiffres. Et je suis encore en phase de croissance…

      Sur les ventes à l'unité, je verrai (peut-être…) quelque-chose concernant les numéros contenant des infos assez particulières. Actuellement, je vois les ventes monter pour ce type de numéros, mais uniquement chez des "petits" clients, qui n'ont pas accès aux revues de presse de Kantar et compagnie. Les grosses boîtes, elles, passent par Kantar.

      Si après avoir résilié avec Kantar, je vois certaines de ces grosses boîtes (intéressées ponctuellement, mais pas dans mon cœur de cible) acheter à l'unité, voire s'abonner, j'aurai gagné…

      RV dans un an ou un an et demi : je vous raconterai…

    • #850153
      Olivier Guichardaz
      Participant

      Publié par Olivier Guichardaz

      Dans mon cas, avec moins de 2%, le risque de refuser le réabonnement de Kantar est donc plus limité.

    • #850152
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Pierre-Yves Platini

      J'abonde dans le sens de @Joël Wirsztel .

      1) dans le B2B, ce ne sont pas forcément les mêmes budgets qui sont utilisés pour les abonnements (plutôt au niveau étude et Direction générale dans notre cas) et les droits de reproduction/panoramas de presse (budget communication/RP). On ne nous a jamais opposé le fait que nous apparaissions dans la revue de presse pour ne pas nous prendre un abonnement.

      ii) nous avons fait prendre un abonnement à Kantar et à Cision et ce sont par ailleurs les plus gros générateurs de revenus via le CFC ou EDD.

      iii) il faut en revanche bien aligner les conditions entre EDD et le CFC en faisant un peu jouer la concurrence

      iv) je déconseille en revanche les systèmes type Factiva, avec un montant total récolté auprès des clients et redistribué aux éditeurs avec une clef de répartition en fonction de la consultation (ce qui favorise les "grosses" marques) et pour lesquels on m'a déjà refusé des abonnements

      Nous sommes au barème maximum pour le CFC et cela nous rapporte quelques dizaines de milliers d'euros par an.

    • #850151
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Alexis Nekrassov

      Nous avons eu une discussion très enrichissante, merci à Olivier de l'avoir lancée.

      @Joël Wirsztel contrairement à toi nous avons été "contraints" de vendre à l'unité. Tous nos articles sont protégés anti-copie sur le site y compris pour les abonnés payants. On ne veut pas que nos textes se retrouvent sur les blogs ou dans la curation automatique, chez ceux qui violent les droits d'auteur sans rien nous rapporter. Mais de nombreux services comm nous réclamaient un exemplaire de l'article pour leurs dossiers, puisqu'ils ne pouvaient pas l'avoir par la pige habituelle. D'où le choix de vendre à l'unité. J'espère porter ce tarif à 15 €HT au moins, et observer les réactions. Les cabinets refacturent l'achat à leurs clients, je ne m'attends pas à beaucoup de résistance.

      Mais si Kantar nous propose plusieurs dizaines de milliers d'euros comme à @Pierre-Yves Platini , on pourrait reconsidérer notre position 😃

    • #850150
      Olivier Guichardaz
      Participant

      Publié par Olivier Guichardaz

      Je pense que sur du B to B, payer 15, 20 ou 30 € au lieu de 10, ça ne cause pas de souci. Si on veut l'info, on la paye…

      Pour les protection anti-copies, je suis très preneur d'infos. Si besoin, on peut en parler en privé (guichardaz@dechets-infos.com).

    • #850149
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Joël Wirsztel

      Nous protégions les pdf pour les abonnés payants (avec Locklizard, solution efficace mais chère, et lourde : il faut envoyer une autorisation à chaque ordinateur des abonnés pour qu'il puissent décodeur notre pdf, et ça n'est pas simple pour les grosses structures qui doivent faire intervenir leur service informatique. Autorisation à renouveler quand ils changent de matériel ), et cela devenait quasi impossible avec notre nouveau site où l'abonné télécharge le pdf lui-même (entre autres). On ne protège encore aujourd'hui que pour la petite partie des abonnés à qui nous ne donnons accès qu'au pdf que nous envoyons.

      Pas de diminution notable de notre portefeuille d'abonnés depuis que nous ne protégeons plus, a priori.

      Quant aux services comm qui facilitent les interviews ou les papiers importants, nous leur envoyons gratuitement l'article. Sinon les autres acteurs dont nous traitons l'information, et en particulier les chaînes, sont généralement déjà abonnés.

      Pour de la visibilité nous laissons par ailleurs quelques articles gratuits chaque jour.

      Sans dévoiler nos revenus Kantar et consors via le CFC, ils sont, comme pour Frontline Media, de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

      Après à chacun de décider. Notre choix pour nos contenus a été de nous positionner au barême le plus haut du CFC (comme Frontline je crois) et nous ne pouvons que nous en féliciter. Et nous n'avons pas le sentiment que cela nous enlève de l'abonnement mais cela c'est sans certitude. En tout cas nous n'avons pas l'intention de modifier notre position.

    • #850148
      Olivier Guichardaz
      Participant

      Publié par Olivier Guichardaz

      Merci pour ces précisions sur les PDF protégés. Ça confirme donc ce qu'on m'avait déjà dit : c'est lourd et compliqué…

      Pour ce qui est des revenus du CFC, tout dépend de votre CA… Donc ce qui est important, c'est le pourcentage que les revenus du CFC génèrent par rapport au CA. Moi, à moins de 2 % de mon CA, je pense que je ne prends pas de risque important.

      Le seul risque, me semble-t-il, c'est que si je dis une année à Kantar que je refuse leur abonnement (fût-ce en leur expliquant que c'est pour "voir l'effet que ça fait" sur mes ventes d'abonnements et de numéros à l'unité), et qu'ensuite, au bout d'un an, je leur dise que je veux bien qu'ils se réabonnent, ils refusent…

      Concernant le CFC, je suis aussi au barème maximum des copies (4,5 €, pour ma catégorie). Mais d'une part, je trouve que ça fait très peu par rapport au prix auquel je vends les numéros à l'unité (30 €). Et d'autre part, pour une raison à laquelle je n'ai toujours rien compris, ce que je touche réellement par copie déclarée au CFC est très inférieur à ces 4,5 €. D'où le sentiment que j'ai que ces copies CFC sont pour moi très, très mal payées.

Vous lisez 14 fils de discussion
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.