- Ce sujet contient 9 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Pierre France, le il y a 7 années et 7 mois.
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février 7, 2019 à 10:00 am #800005Olivier GuichardazParticipant
Publié par Olivier Guichardaz
Bonjour,
Ci-joint, un papier paru dans "le Canard" de cette semaine, au sujet du projet du gouvernement en matière de régulation de la presse, et notamment du projet de conseil de déontologie.
Voir aussi le papier paru dans Le Point la semaine dernière, où Macron dit sa façon de voir les choses (la liberté de la presse, la validation de la vérité, la question des tiers de confiance, etc.) : https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/macron-gilets-jaunes-eric-drouet-est-un-produit-mediatique-01-02-2019-2290611_1897.php
Les projets macroniens en matière de presse me semblent terrifiants.
Je vous le dis tout net : si le SPIIL venait à approuver la création d'un tel machin (le conseil de déontologie), voire, pire, décidait d'y participer, ce serait sans moi.
Confraternellement,
Olivier
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février 7, 2019 à 10:28 am #850017Pierre FranceParticipant
Publié par Pierre France
Faut reconnaître que l'apparition de cette instance, dans ce climat d'attaques tous azimuts contre les médias, rend toute position très compliquée à tenir. L'article et la position du Canard ont le mérite d'être assez clairs.
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février 7, 2019 à 10:34 am #850016SpiilMaître des clés
Publié par Didier Rykner
Je ne crois pas m'avancer beaucoup en disant qu'il est probable que tout le monde ici pense la même chose et n'a pas du tout l'intention de participer à cette mascarade. Il me semble nécessaire que le SPIIL prenne position.
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février 7, 2019 à 11:36 am #850015SpiilMaître des clés
Publié par Emmanuel Parody
N'ayant encore rencontré personne soutenant le projet de conseil de déontologie je ne commenterai pas la question du soutien ou non. En revanche il me semble qu'il y a un abîme entre l'interview de Macron et ce qui nous a été présenté du projet. Par ex il est très clair que le "conseil" n'a aucun pouvoir de contrainte ou de sanction, pour moi on est dans un exercice de modérateur et de collecte des plaintes.
Par ailleurs je regrette la mauvaise habitude du canard de s'autoriser des articles assez paresseux qui relève plus de la tribune improvisée que de la réflexion. L'encadré sur le projet de RSF est assez injuste pour un projet beaucoup plus intéressant que ne le laisse supposer ces quelques lignes indigentes. Surtout on passe à côté d'un vrai sujet beaucoup plus structurant : l'enjeu est avant tout industriel et vise à pourvoir qualifier les flux de sources dans des plateformes, des algorithmes, et tous les services à base d'IA qui se développent actuellement. Dans ce monde industriel on veut pouvoir intégrer des éléments objectifs dans les lignes de code…
Sans préjuger du résultat final (je participe à leur travaux comme observateur pour le Geste et je soutiens le projet à titre personnel) je salue la vision de Christophe Deloire qui a compris cet aspect du problème pendant que s'accumulent des initiatives sur les fake news qui relèvent plus du bon sentiment que de l'efficacité. Ceci étant dit je comprends parfaitement la méfiance ou la réserve des uns et des autres sur ces sujets.
Je le redis ici: qu'on le veuille ou non le marché et l'industrie sont déjà en train de se doter d'outils permettant de faire le tri des contenus ou des sources. Il est dangereux de ne pas s'y intéresser ou de croire que le bon vieux monde de la CPPAP suffit à fournir les critères nécessaires à l'industrie de la connaissance…
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février 7, 2019 à 11:51 am #850014Olivier GuichardazParticipant
Publié par Olivier Guichardaz
Il me semble qu'il y a deux choses différentes :
— la question de la transparence ou de "l'objectivité" des algorithmes, notamment des réseaux sociaux (FaceBook, Twitter, etc.)
— la question d'un conseil de déontologie "humain" qui validerait (ou invaliderait…) telle ou telle information, tel ou tel média. L'idée d'un "tiers de confiance".
Je ne suis pas sûr que Macron différencie bien les deux. En tout cas, le papier du "Point" ne le laisse pas entendre, il me semble.
La première chose (transparence des algorithmes), a priori et jusqu'à plus ample informé, ne me dérange pas.
La seconde (le conseil de déontologie) me semble extrêmement dangereuse en termes de liberté de la presse, de démocratie. J'y suis totalement opposé, en tout cas dans la forme où la chose est proposée actuellement.
Sur le projet dont RSF est partenaire, cela pose la question de sa liberté d'agir…
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février 7, 2019 à 11:57 am #850012Olivier GuichardazParticipant
Publié par Olivier Guichardaz
Dans la même veine ou presque… Toujours tiré du Canard.
Il ne reste plus qu'à demander à Jack Daniels de financer la Ligue de lutte contre l'alcoolisme…
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février 7, 2019 à 12:05 pm #850010Olivier GuichardazParticipant
Publié par Emmanuel Parody
oui absolument aucun rapport direct entre les deux.
Toutefois, pour donner un exemple, l'existence d'une charte éthique, d'une procédure de modération proposée aux lecteurs est potentiellement un critère distinctif pouvant se retrouver dans un process de certification des medias (le terme de labelisation est impropre concernant le projet RSF)
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février 7, 2019 à 12:17 pm #850009Olivier GuichardazParticipant
Publié par Olivier Guichardaz
Toutes les sociétés et les groupes pourris ont des "comités" et des "chartes" d'éthique. C'est dire l'efficacité de ce type dispositif…
Certification ou labellisation, ça revient au même.
On nous prend vraiment pour des buses…
Personne ne voit que c'est un pouvoir aux abois, expert en production de fake-news et de manipulations en tout genre, qui veut essayer ainsi de brider la liberté de la presse, voire de la pulvériser ?
Chacun sait par ailleurs que les certifications (labellisations, normes…) sont aussi un instrument économique pour écraser certains concurrents, avec des critères pas toujours ni très transparents, ni bien objectifs ou pertinents.
Que fera le pouvoir face à un média qui sortira une info qui le dérange, mais sans que le média ait été "certifié", pour X raisons (manque de temps, manque de moyens, refus de rentrer dans ce processus…) ? Il dira que l'info n'est "pas bonne" car le média qui la sort n'aura pas été certifié… Ce sera facile, pour lui…
Votre aveuglement face à cette machine à broyer la liberté de la presse qui se profile me terrifie…
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février 11, 2019 à 12:59 pm #850008Jean-Christophe BoulangerParticipant
Publié par Jean-Christophe Boulanger
Bonjour Olivier,
Nous venons de publier un communiqué sur le sujet qui prend en compte vos remarques : http://www.spiil.org/20190211/conseil-de-d-ontologie-un-contexte-politique-d-favorable
Amitiés,
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février 11, 2019 à 1:07 pm #850007Olivier GuichardazParticipant
Publié par Olivier Guichardaz
Bonjour,
Vu, merci.
On m'aurait répondu plus tôt, ça m'aurait évité de m'affoler… 😉
Par ailleurs, il n'y a pas que le conseil de déontologie qui pose problème. Il y a aussi cette histoire de "validation des contenus", qui me semble aberrante. De même que l'histoire du "tiers" de confiance.
Enfin, concernant le conseil de déontologie, je persiste à penser que même dans un autre contexte, ça reste une bêtise. La déontologie est affaire de morale, donc affaire personnelle. Libre à chaque média d'adopter un code de conduite ou pas. Mais on n'a pas à nous l'imposer. En tout cas, c'est mon point de vue.
Cordialement,
OG
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