Le Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL) a appris que le fournisseur d'accès à internet (FAI) Free avait décidé de bloquer par défaut l'accès aux publicités suite à une mise à jour de sa FreeBox Revolution. Quelles que soient les motivations de Free, le SPIIL rappelle qu'il existe un principe, intangible pour tous les éditeurs de presse en ligne, qui est celui de la neutralité du Net.

Dans la diversité des modèles économiques et éditoriaux de ses membres, le SPIIL rappelle qu'aucun FAI n'a le droit de décider à la place des citoyens ce à quoi ils ont ou non accès sur Internet. Sinon c'est la porte ouverte à des censures éditoriales, commerciales, économiques, politiques, idéologiques, communautaires, nationales, religieuses, etc., livrées au seul bon vouloir du fournisseur d'accès et, donc, de ses propres stratégies marchandes et financières.

Free s'attaque donc à un principe démocratique essentiel et impose le pouvoir sans partage de ses propres logiques d'entreprise. Par ailleurs détenteur de licences de téléphonie accordées par la puissance publique, il ne peut unilatéralement décider de porter atteinte à la neutralité du fonctionnement des infrastructures numériques. Sinon ce serait accepter la privatisation d'un bien public, le libre droit d'accès aux informations et aux services sur Internet.

C'est pourquoi le SPIIL demande à Free de revenir sur sa décision et de laisser le libre choix à l'internaute sur ses conditions de navigation sur Internet.

Le SPIIL demande au législateur, au parlement et au gouvernement, de saisir cette occasion pour inscrire la neutralité de l'Internet dans la loi afin de le protéger des immixtions illégitimes des opérateurs dans la diffusion des contenus et de garantir ainsi la liberté de communication et d'innovation.