Sujet: Question sur le modèle d’accord droits voisins

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    • #801322
      Spiil
      Maître des clés

      Bonjour  et notamment le boss @Alexis Nekrassov !

      Nous finalisons notre accord de reversement des droits voisins, avec plusieurs interrogations à la lecture du modèle :

      • dans le guide il est par ailleurs indiqué que les bénéficiaires pour les droits voisins sont plus large que les journalistes (contrairement aux droits d'auteurs). Y a-t-il une rédaction modèle pour cette catégorie "autres auteurs", comprenant des références légales (aujourd'hui le modèle renvoie aux articles du Code du travail relatifs aux journalistes professionnels) ?
      • après discussion en interne, nous nous orientons vers un versement non pas forfaitaire mais proportionnel au montant perçu par l'éditeur. Donc une enveloppe à partager entre tous les bénéficiaires. Nous souhaiterions répartir ce montant global en deux (les permanents / les pigistes) au prorata de la masse salariale de chaque catégorie. Est-ce que ça a déjà été pratiqué ou est-ce qu'on part sur une option casse-gueule ?
      • Pour chaque catégorie, la répartition de l'enveloppe se ferait :
        • En fonction du nombre d'ETP pour les permanents (1/10e par exemple s'il y a 9 permanents à temps plein et un CDD cumulé sur l'année
        • Pour les pigistes au pro rata de la pige annuelle brute de chaque pigiste par rapport au total brut des piges.

      Idem est-ce qu'on part en vrille par rapport aux accords existants ?

      Dernière question : qui est le/la journaliste qui doit signer l'accord avec l'éditeur, dans le cas d'un référendum ?

      Merci d'avance 🙂

    • #853878
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Didier Rykner

      J'en profite pour demander s'il y a quelque part – je ne l'ai pas trouvée – une fiche qui indique les obligations légales du reversement des droits voisins. Notamment :

      • quel est le minimum de reversement obligatoire,
      • comment se fait le reversement aux différents journalistes (au prorata du nombre d'articles produits, de manière égale pour chacun, sachant que certains produisent moins…)

      Merci d'avance.

    • #853879
      Julien Vinzent
      Participant

      Publié par Julien Vinzent

      Je peux vous répondre là dessus :

      • Formellement, il n'y a pas de minimum. La loi parle de "part appropriée et équitable". C'est la commission ad hoc (CDADV) qui juge les cas qui lui sont soumis. Ce qui fait que vous pouvez avoir des accords à 10 % non contestés, et des décisions de la CDADV qui accordent davantage.
      • A ma connaissance ce n'est pas la logique de ces accords (droits voisins ou droits d'auteurs à côté) de rentrer dans une comptabilité des articles qui, outre qu'elle serait fastidieuse, exclurait les métiers non producteurs d'articles signés, tels que secrétaire de rédaction.
    • #853880
      Laurent Mauriac
      Participant

      Publié par Laurent Mauriac

      Hello Julien, voici la mécanique de notre accord qui semble correspondre à ce que tu décris et il en va de même de l'accord type proposé par le syndicat :

      – On sanctuarise un pourcentage de droits voisins pour les reversements (15 % dans notre cas conformément à la recommandation du Spiil).

      – On plafonne les versements à 300 € par personne.

      – On commence par répartir le montant pour le bloc journalistes non pigistes et le bloc journalistes pigistes au pro rata de la masse salariale.

      – Au sein du bloc journalistes non pigistes, la répartition se fait ensuite au prorata temporis.

      – Au sein du bloc pigistes, elle se fait à proportion de la rémunération.

      Pour la rédaction, l'accord type du Spiil me semble bien correspondre à ta situation.

    • #853881
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Alexis Nekrassov

      Bonjour @Julien Vinzent 

      Pour compléter le message de Laurent, la loi 2019-775 du 24 juillet 2019, texte fondateur des droits voisins, définit les bénéficiaires :

      « Les journalistes professionnels ou assimilés… et les autres auteurs des œuvres présentes dans les publications de presse… ont droit à une part appropriée et équitable de la rémunération… »  Ce texte précise que la part de rémunération des « autres auteurs » doit faire l’objet d’un accord spécifique avec les représentants des auteurs ou un organisme de gestion collective. Pour une petite structure cette obligation peut paraitre surdimensionnée…

      La plupart des accords DV signés définissent un taux pour cette part équitable et la réservent uniquement aux journalistes professionnels. Le jour où les « autres auteurs » se réveilleront et demanderont leur part, ce sera bien le bordel. (Je pense aux CLP, ces dizaines de milliers de petites mains de la presse régionale qui signent leurs articles mais sont exclus des accords car non représentés par les syndicats des journalistes professionnels.)

      Le reversement proportionnel en pourcentage des montants perçus par l’entreprise, est le plus souvent pratiqué et accepté par les partenaires sociaux. Il peut être plafonné dans un accord d’entreprise pour sécuriser l’avenir au cas où les reversements devaient augmenter. Le plafonnement ne peut pas diminuer le montant calculé à l’instant T à partir des montants déjà versés, selon la jurisprudence constante de la CDADV.

      La règle pratiquée est de garder une seule enveloppe pour tous les journalistes professionnels et de calculer un montant unique de reversement se basant sur le journaliste mensualisé. Les CDD bénéficient d’une quotepart de ce reversement au prorata du temps de présence. Pour chaque journaliste à la pige, la part individuelle est calculée en rapportant son salaire annuel au salaire annuel de référence dans l’entreprise pour un journaliste mensualisé au poste équivalent, rédacteur ou rédacteur spécialisé. Le ratio obtenu est plafonné à 1 et appliqué sur le montant du reversement du journaliste mensualisé.

      Votre projet de scinder en deux entre les CDI + CDD d’un côté et les CDI à la pige de l’autre, me parait bien complexe et risqué sur le plan légal.

      Sur l’application du résultat du référendum : je n’ai pas connaissance d’un cas concret mais le bon sens suggère qu’en l’absence de représentants, l’entreprise mène la consultation, constate le résultat, le communique aux salariés concernés et l’applique d'autorité. Je n’irais pas impliquer les UL dans la reconnaissance des résultats si j’étais toi ;-).

      Si quelqu'un trouve une règle spécifique pour la mise en oeuvre des résultats du référendum interne, je suis preneur.

    • #853882
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Alexis Nekrassov

      @Didier Rykner 

      Il n'y a pas de minimum de reversement. On repartit ce qu'on a perçu des plateformes.

      Pour la répartition entre les journalistes : regarde la réponse que je viens de faire à Julien.

      PS : Bravo pour ton intervention télévisuelle sur les bijoux volés détériorés. Avec une anecdote : nous étions en train de déjeuner avec les responsables de la commission de la carte de presse, la télé était allumée dans le restaurant, tu es apparu à l'écran. J'en ai profité pour les interpeller : "C'est à ce journaliste expert reconnu que nous refusons la carte !" Ca a provoqué un moment d'introspection. On y travaille, on y travaille 🙂

    • #853883
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Didier Rykner

      Merci Alexis !

    • #853884
      Julien Vinzent
      Participant

      Publié par Julien Vinzent

      Merci @Alexis Nekrassov je vais reconsidérer la scission au profit du ratio avec le salaire de référence !

    • #853885
      Julien Vinzent
      Participant

      Publié par Julien Vinzent

      S'agissant des "autres auteurs" en revanche je lis que l'accord doit être négocié non pas par l'éditeur mais "entre, d'une part, les organisations professionnelles d'entreprises de presse et d'agences de presse représentatives et, d'autre part, les organisations professionnelles d'auteurs ou les organismes de gestion collective mentionnés au titre II du livre III de la présente partie".

      Donc entre syndicats d'éditeurs (dont le SPiil) et d'auteurs (+ un OGC qui serait DVP si je comprends bien ???)

    • #853886
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Alexis Nekrassov

      La démarche légale prévoit trois échelons. Le premier est commun aux journalistes et aux "autres auteurs" : un accord d'entreprise. Le deuxième est celui des accords collectifs de travail (L2222-1), pour les journalistes. Pour les auteurs ce deuxième échelon est formulé comme un accord spécifique avec les organisations professionnelles ou les organismes de gestion collective. J'imagine que cette exception vient de la difficulté d'appliquer les accords collectifs de travail aux auteurs non salariés. Le troisième échelon est à nouveau commun, c'est la CDADV.

      En pratique l'échelon des accords collectifs est inexistant aussi bien pour les journalistes que pour les auteurs. A ma connaissance, il n'existe aucune initiative dans ce sens aujourd'hui.

    • #853887
      Julien Vinzent
      Participant

      Publié par Julien Vinzent

      Ok merci ! Comme tu dis quand les auteurs vont se rendre compte des millions brassés par les droits voisins et que ça va nous péter à la tronche, ça va être sportif… Pour nous cela représente bien 10 à 20 % des montants versés (dessins de presse, illustrations, chroniques de non journalistes…).

    • #853888
      Laurent Mauriac
      Participant

      Publié par Laurent Mauriac

      Hello Julien,

      Il y a effectivement une négociation en cours à laquelle le Spiil participe. La plupart du temps, nous nous faisons représenter par la FNPS. Je ne sais pas s'il y a eu des rencontres récemment, il faudrait le demander à @Vianney Baudeu .

      Selon les échos que j'en ai, cette négociation n'est pas près d'aboutir…

      Amicalement.

      Laurent

    • #853889
      Laurent Mauriac
      Participant

      Publié par Laurent Mauriac

      Hello Alexis,

      Ce que tu dis au sujet de l'architecture de la rémunération m'ennuie un peu, car c'est la méthode présentée dans l'accord type que nous proposons à nos membres. Il me semble d'ailleurs que tu l'avais validé. Si ce n'est pas le cas, ça serait donc utile que tu y jettes un œil. Pour moi, cette méthode est plus simple et elle est plus cohérente, car elle permet de ne pas mélanger durée de travail et rémunération dans les bases de calcul. Je ne comprends pas en quoi elle pourrait être risquée sur le plan légal.

      Amicalement.

      Laurent

    • #853890
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Alexis Nekrassov

      Salut @Laurent Mauriac tu parles du mode de calcul pour les CDD et les pigistes , entre la durée de travail et la rémunération ? La méthode que je décris, et qui est devenue méthode de référence dans les accords d'entreprise, permet d'établir une équivalence à la fois pour les CDD utilisant la durée (p. e. 3 mois sur 12 = 0,25) que pour les pigistes (salaire annuel égal à 1/4 du salaire annuel de référence rédacteur, minima ou entreprise, coeff = 0,25, plafonné à 1). Et ainsi définir un total de bénéficiaires tous confondus et le mettre en face d'un montant unique à partager.

      Cette méthode est une copie de la méthode de calcul du chômage partiel pour les pigistes pendant le Covid validée par l'administration par décret 2020-435 du 16 avril 2020 5ème chapitre.

      https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000041804453

      La méthode évoquée par Julien qui consiste à diviser le total en deux parties, CDI mensualisés et CDD d'un côté, CDI à la pige de l'autre, présente deux difficultés à mon sens. Le fait de créer une catégorie à part pour certains, est générateur de contestations parmi ceux qui estimeront avoir bénéficié d'un reversement inférieur à celui de l'autre catégorie, d'abord. La décision arbitraire sur la part du total allouée à la première et à la deuxième catégorie, ensuite. Les deux décisions peuvent être attaquées sur le motif de créer une inégalité entre les salariés, c'est le risque légal. Et une répartition inéquitable comme source de préjudice collectif.

      Je ne me rappelle plus comment nous avons rédigé cette partie dans l'accord type, suis disponible pour proposer une mise à jour si besoin.

      A+

      Alexis

    • #853891
      Julien Vinzent
      Participant

      Publié par Julien Vinzent

      Bonjour @Alexis Nekrassov et @Laurent Mauriac . Pour lever une ambiguïté, l'accord type auquel tu fais référence Laurent est celui pour les droits d'auteurs.

      L'accord type droits voisins propose une autre logique :

      • pour les permanents, le choix entre un forfait fixe ou un % des droits voisins perçus
      • pour les pigistes un % de la pige brute

      (nous avons cherché une autre voie que le forfait et le % de la pige brute car c'est indépendamment des droits voisins perçus, ce qui nous gênait en terme de visibilité pour les parties)

      Si la méthode décrite par Alexis fait référence on pourrait effectivement modifier l'accord type droits voisins. (et pour les droits d'auteur je ne sais pas)

    • #853892
      Laurent Mauriac
      Participant

      Publié par Laurent Mauriac

      Bonjour Julien,
      Désolé pour ma confusion qui vient du fait que nous avons repris ce mode de calcul (qui me semble plus simple et plus cohérent) pour les droits voisins.
      La question de la légalité du mode de calcul soulevée par Alexis se pose-t-elle de la même façon pour les droits d’auteur ?
      Amicalement.
      Laurent

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