- Ce sujet contient 6 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Laurent Mauriac, le il y a 2 années et 5 mois.
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avril 18, 2024 à 12:50 am #801125SpiilMaître des clés
Bonjour,
Votre entreprise ou votre association pratique-t-elle l'égalité salariale ? Ou avez-vous connaissance d'une structure l'ayant mise en place ?
Je ne parle pas du principe inscrit dans la loi qui prévoit que les femmes et les hommes faisant le même travail touchent le même rémunération, sans discrimination. Mais bien d'accorder le même salaire à tous les salariés, quel que soit leur métier (journaliste, gestionnaire administratif, développeur web, etc.).
Je ne méconnais pas les dispositions de la CCN journalistes concernant les primes d'ancienneté ni les particularités de la rémunération à la pige.
Quels sont selon vous les avantages d'un tel fonctionnement ? Et ses limites ? En termes d'implication des salariés, de reconnaissance, de conflits, de gestion des paies, etc.
Merci 🙂
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avril 18, 2024 à 12:59 pm #853430Laurent MauriacParticipant
Publié par Laurent Mauriac
Bonjour Sylvain,
La convention collective des journalistes ne s'applique pas aux non-journalistes.
Si la publication ne relève pas d'un champ prévoyant une convention collective étendue pour les non-journalistes, l'entreprise éditrice est libre d'appliquer ou non une convention collective. La presse spécialisée et la presse magazine ont des conventions étendues.
Il y a donc une marge de manoeuvre importante, y compris la possibilité d'étendre aux non-journalistes par usage les dispositions de la convention collective des journalistes. C'est à mon sens la seule solution si tu vises une égalité complète (avec le même bénéfice pour tous des primes d'ancienneté et du 13e mois).
En revanche, il ne sera pas possible d'étendre aux non-journalistes le bénéfice de certains dispositifs d'allègement sur les cotisations sociales (comme la déduction forfaitaire spécifique ou les abattements sur les taux) ou d'allègement fiscaux (l'abattement forfaitaire de 7650 euros).
Bien à toi.
Laurent Mauriac
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avril 18, 2024 à 11:29 pm #853429SpiilMaître des clés
Publié par Sylvain Ernault
Merci Laurent
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avril 19, 2024 à 5:39 pm #853428Jean-Christophe BoulangerParticipant
Publié par Jean-Christophe Boulanger
A ma connaissance Reporterre applique ce genre de politique salariale, avec une quasi-égalité. @Renan Guichard pourrait peut-être en dire plus.
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avril 20, 2024 à 8:21 pm #853427SpiilMaître des clés
Publié par Sylvain Ernault
Merci Jean-Christophe !
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avril 22, 2024 à 10:32 am #853426SpiilMaître des clés
Publié par Renan Guichard
Bonjour Sylvain,
Merci Jean-Christophe de m'avoir notifié.
L'association La Pile, qui gère le média Reporterre, ne pratique l' « égalité salariale » en tant que telle, mais plutôt ce qu'on pourrait qualifier d'« équité salariale ».
Nous souhaitons ainsi éviter l'écueil qui peut arriver dans certaines structures : les meilleurs négociateurs ont les meilleurs salaires, et non forcément les personnes les plus méritantes.
Équité, car nous tenons compte de la réalité du marché de l'emploi avec lequel nous interagissons. Attirer et retenir des talents et des compétences spécifiques dans l'IT ou les postes de direction demande à être compétitifs, y compris par rapport à des employeurs « traditionnels ».
Voici quelques éléments pratiqués chez Reporterre pour les 26 salariés permanents du média. Ces règles sont connues et admises par toute l'équipe :
– les écarts des salaires n'excèdent pas un ratio de 1,9 : le plus haut salaire est inférieur à deux fois l'équivalent du plus bas salaire.
– tous les journalistes (hors direction de la rédaction) et le personnel des fonctions « supports » (communication et administration) touchent le même salaire de base. La différence se fait sur les normes conventionnelles, notamment liées à l'ancienneté (carte de presse et ancienneté dans l'association).
– les journalistes qui assurent à tour de rôle la rédaction en chef, par cycles de 2 semaines, touchent une prime pour chaque jour avec cette responsabilité.
– les développeurs sont un peu plus payés (de l'ordre de 20%) que les autres salariés, et bénéficient aussi d'une politique de télétravail plus souple (quelques jours de présence tous les 2 mois).
– les augmentations sont collectives : tous les salaires sont augmentés simultanément du même pourcentage (parfois à l'exception des postes de directions qui peuvent avoir une augmentation inférieure, afin de conserver une différence qui ne se creuse pas en valeur absolue, et qui tend à baisser en valeur relative).
Voici mon observation subjective : il apparaît que le salaire, tel que nous le pratiquons, ne semble pas être le facteur principal d'implication ou de reconnaissance dans l'équipe. L'implication, à mon sens, découle davantage d'autres facteurs, comme l'autonomie et la confiance que nous pouvons placer en chacun.e, et la sensation de participer à une mission importante. Elle est aussi propre à chacun, selon des facteurs souvent exogènes et temporaires sur lesquels l'association n'a pas ou peu de prise. La reconnaissance se fait aussi dans les petits gestes du quotidien, les félicitations et les encouragements des uns envers les autres, le partage des retours positifs de lectrices et lecteurs à l'ensemble de l'équipe, entre autres.
Les salaires étant équivalents, et les règles connues de tous, je crois qu'il n'y a pas de « déficit de reconnaissance » ou de conflits lié au salaire. Pour la motivation, cette dernière est je crois liée à tellement de facteurs, y compris exogènes, qu'il est difficile d'affirmer que cela ai un impact.
Nous n'avons, à ma connaissance et à ce jour, pas de conflit ni de débat sur les salaires dans l'équipe.
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mai 1, 2024 à 2:06 am #853425SpiilMaître des clés
Publié par Sylvain Ernault
Merci Renan pour cette réponse très complète.
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