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    • #800640
      Spiil
      Maître des clés

      Bonjour,

      Nous lançons un magazine en podcast.

      Je m'interroge sur la possibilité de rémunérer l'animatrice à la pige (d'habitude je rémunère les animateurs en cachets d'intermittence, comme c'est la norme en radio, mais l'animatrice en question a un profil de journaliste).

      L'émission sera produite au rythme d'un épisode tous les 15 jours.

      Quel serait selon vous le risque concret de requalification en CDI ?

      Merci de vos avis et retours d'expérience.

    • #852037
      Caroline Bruneau
      Participant

      Publié par Caroline Bruneau

      Bonjour Gabrielle

      La pige devient un CDI "de fait" après 3 mois de travail consécutif pour un montant comparable. La requalification n'a lieu qu'en cas d'attaque aux prud'hommes, si la collaboration, effectivement reconnue comme durable et régulière, s'interrompt brutalement.

      Les cas sont rares et vous devez dans ce cas payez des indemnités de licenciement (calculées sur la base du montant moyen des piges) et parfois des dommages et intérêts. Je suis pigiste depuis 15 ans et je connais très peu de cas (en l'occurrence, principalement des personnes qui ont travaillé dans des médias audiovisuels avec des CDU pendant plus de 5 ans, tous les mois, pour des montants élevés). C'est rarissime dans la presse écrite et ne vaut vraiment le coup pour le pigiste que s'il est avéré qu'il s'agit d'un CDI dissimulé : horaires fixes, obligation du lieu de travail, travail au moins à mi-temps et durée longue (au moins un an), encore plus s'il s'agit d'un travail dit "animateur" ou chroniqueur" (à la différence d'un journaliste de recherche ou de bureau dans les radios).

      Si les conditions de travail sont flexibles, qu'il ne s'agit que d'un travail temporaire tous les 15 jours (quelques heures) et qu'il y a une commande différente à chaque fois, sans compter si le journaliste travail aussi pour d'autres médias, le risque est quasi-nul.

      En espérant que cela vous aura aidé.

      Caroline

    • #852036
      Caroline Bruneau
      Participant

      Publié par Caroline Bruneau

      Pour compléter ma réponse : le risque n'existe pour vous qu'en cas de rupture non expliquée et unilatérale du contrat tacite (puisque légalement, au bout de trois piges, c'est un CDI). Vous pouvez, si vous voulez changer d'animateur ou qu'elle veut arrêter, mettre par écrit les conditions de l'arrêt de la collaboration, donc budgéter des indemnités et les proposer en fin de collaboration pour acter la rupture.

    • #852035
      Olivier Guichardaz
      Participant

      Publié par Olivier Guichardaz

      Bonjour,

      Dire que les recours sont rares n'autorise pas à se placer dans l'illégalité…

      1. Si c'est un journaliste avec une carte de presse et qu'il fait un travail de journaliste, il est illégal de le payer autrement que comme journaliste, donc salarié (pige s'il y a lieu).
      2. Effectivement, à partir de 3 piges consécutives (3 mois), c'est assimilé à un CDI et cela donne lieu à indemnités de licenciement en cas d'arrêt des piges.

      Je ne conseillerais à personne de s'affranchir de ces règles. C'est illégal (ce qui devrait suffire à convaincre tout-un-chacun…) et ça peut coûter cher…

      Cordialement,

      OG

    • #852034
      Caroline Bruneau
      Participant

      Publié par Caroline Bruneau

      En l'occurrence il s'agit de pige, c'est donc légal… je ne vois pas où est le problème. La question qui est posée parle de la requalification prudhommal en CDI qui est automatique, pas de l'opportunité ou pas de payer en pige, qui est obligatoire. Visiblement ma réponse n'était pas claire ?

    • #852033
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Emmanuel Parody

      L'autre possibilité que je suggère fortement c'est d'encadrer la collaboration par un contrat de pige décrivant la prestation sur une longue durée. Il se trouve que ton cas s'y prête bien. Par exemple un contrat décrivant la collaboration (X fois par mois Mme Y produira x contenus ou fournira telle prestation, sur la période du 15 septembre 2017 au 15 juin 2018 -par ex).

      Ceci permet de clarifier le caractère limité dans le temps de la collaboration (et éviter le "CDI "de fait car le contrat a une date de fin).

      En revanche on me dit que côté URSSAF ce cas de figure est déclaré comme un CDD ce qui empêche de le repéter plus de 3 fois. J'attends un retour de mon cabinet comptable sur ce point car (ça me bloque pour une SR qui monte nos PDF). Si quelqu'un a rencontré ce problème je veux bien son feedback…

      En tout cas ça permet d'éviter la requalification, c'est envisageable uniquement quand il s'agit d'un travail ponctuel mais répété régulierement sur la durée et qu'on peut y associer une rémunération stable.

    • #852032
      Olivier Guichardaz
      Participant

      Publié par Olivier Guichardaz

      J'ajoute que même pour un non-journaliste, la multiplication des CDD successifs expose, effectivement, à une requalification en CDI. Mais je ne sais pas s'il y a, pour cela, une obligation que les périodes des CDI se suivent strictement…

      Enfin, rémunérer un journaliste qui anime un magazine (donc, apparemment, une émission d'information) en tant qu'intermittent du spectacle, il me semble que c'est un abus de droit. Un journaliste n'est pas un artiste. Les contrats d'intermittents du spectacle sont réservés aux artistes.

      Abuser des contrats d'intermittence me semble une très mauvaise idée. Ces contrats sont réservés aux artistes, considérant que leur art ne peut s'exercer de manière rémunérée à temps plein. User de ces contrats pour toute autre profession ne peut que fragiliser le statut des intermittents (sur le mode : "ça nous coûte trop cher, supprimez-le ou rendez-le plus difficile à acquérir"… discours Medef).

      Que diraient les journalistes si d'autres professions essayaient de profiter indûment du statut de journaliste ?…

    • #852031
      Caroline Bruneau
      Participant

      Publié par Caroline Bruneau

      Je pense que la question de Gabrielle était parfaitement claire : elle veut rémunérer la journaliste en pige et sa question ne porte que sur le CDI. Quant au contrat d'intermittence, toutes les boîtes de production, les radios et les télés de Paris le font. C'est totalement illégal mais aucune ne se gêne et les requalificatins sont rares, puisqu'on n'est plus jamais embauché si on attaque.

      Enfin, quelle que soit les protections qu'on peut y apporter, les prudhommes en cas d'attaque requalifie toujours les piges régulières et de longue durée en CDI, c'est automatique. Donc le plus simple est de le prévoir en payant la fin de collaboration comme un licenciement (puisque, je le répète, c'est de toute façon un CDI).

      Pour clore, nous avions essayé de rédiger un contrat de pige long terme et ça n'existe pas, ça pose même plus de problème que cela n'en résout.

    • #852030
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Emmanuel Parody

      Tu peux en dire plus sur les problèmes du contrat de pige? Pour moi c'est juste inadapté aux collaborations irrégulières.

      L'important pour moi est d'être transparent sur la demande mais je suis d'accord rien n'est totalement verrouillé.

    • #852029
      Laurent Mauriac
      Participant

      Publié par Laurent Mauriac

      S’il s’agit d’une pige régulière, elle est assimilable de fait à un CDI.
      Si vous fonctionnez par saison et que l’émission est prévue pour durer un an, il est possible de conclure un CDD (obligatoirement écrit).
      Amicalement.
      Laurent

    • #852028
      Paul Turenne
      Participant

      Publié par Paul Turenne

      En complément des précisions de @Caroline Bruneau : Attention, un pigiste régulier peut également très bien attaquer en cas de baisses importantes de son volume de piges. Ex : des piges qui passent en peu de temps de 1 000 à 300 euros par mois pourront très bien conduire à une résolution judiciaire du contrat de travail. Y compris en cas de difficultés économiques. Cf. le cas de ce pigiste à La Tribune : http://snj-paris-idf.org/2014/01/16/temoignage-un-journaliste-pigiste-fait-condamner-la-tribune/

    • #852027
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Gabrielle Boeri-Charles

      Merci à tous pour vos réponses.

    • #852038
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Gabrielle Boeri-Charles

      Bonjour,

      Je retombe par hasard sur cette discussion et je vous partage donc ce que j'ai mis en place à partir de là (à partir du moment où nous avons employé des personnes pour faire un travail de nature vraiment journalistique) :

      • piges régulières assimilées CDI pour les émissions régulières -> en cas d'arrêt de l'émission, nous en avons eu, nous avons versé des indemnités de rupture (rupture conventionnelle en l'occurence car les arrêts étaient faits d'un commun accord)
      • piges occasionnelles avec versement de prime de précarité pour les collaborations plus ponctuelles, afin d'assimiler cela à des CDD

      Depuis, nous avons aussi embauché des journalistes en CDI, mais notre doctrine sur les piges reste celle susmentionnée.

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