- Ce sujet contient 9 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Spiil, le il y a 4 années et 8 mois.
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janvier 11, 2022 à 7:10 pm #800554SpiilMaître des clés
Bonjour à tous,
OURS est un média en ligne qui va avoir deux ans d'existence. Pour la première fois, j'ai eu deux demandes de retraits d'article/vidéo.
Il n'y a aucune information privée : une vidéo "à la Konbini" et une brève sur une nomination d'une chargée de communication dans une université.
Quelle règle s'applique ? Le droit à l'information (et le maintien des articles) ou ont-ils des arguments juridiques pour faire ce déréférencement ?
Merci pour vous éclaircissements,
Mathieu
Rédacteur en chef de OUR(S)
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janvier 11, 2022 à 7:17 pm #851761SpiilMaître des clés
Publié par Alexis Nekrassov
Bonjour @Mathieu Ozanam
Quelle est la motivation de ces demandes ?
De manière générale, toute injonction de retrait doit être prononcée par un juge et dans des circonstances très cadrées dans le droit. Aucune autre demande de retrait n'est recevable. Tu peux inviter les intéressés à saisir la justice… et réagir uniquement s'ils le font réellement.
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janvier 11, 2022 à 7:25 pm #851760SpiilMaître des clés
Publié par Mathieu Ozanam
Merci Alexis pour ta réponse.
" je ne souhaite plus que cette vidéo où je raconte ma vie traîne sur Internet. Aussi simple que ça", me dit l'un. Mais en fait il ne dit rien de personnel, c'est une vidéo façon "fast and curious". Et ce journaliste TV est originaire de Haute-Loire, le quotidien local en dit bien plus dans son portrait que ce qu'il dit lui-même dans notre vidéo.
L'autre personne, chargée de communication en poste, n'explique rien d'autre que : "Les voies du web sont impénétrables, je préfère donc en limiter ma présence sur les moteurs de recherche ouverte."
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janvier 11, 2022 à 7:34 pm #851759SpiilMaître des clés
Publié par Alexis Nekrassov
Ils ne justifient d'aucun dommage ni diffamation, donc la publication n'est pas mise en cause. Ils n'ont qu'à écrire à Google et lui expliquer qu'ils veulent "limiter leur présence". Le moteur de recherche a maintenant une fonction "effacer ma vie privée", j'ignore comment elle fonctionne exactement.
Après, si l'éditeur estime que le bonhomme raconte trop sa vie et que ça pollue la publication, il peut lui-même décider de retirer une publication. Mais il ne peut pas y être contraint sans décision d'un juge.
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janvier 11, 2022 à 7:53 pm #851758Paul TurenneParticipant
Publié par Paul Turenne
Bonjour @Mathieu Ozanam ,
Nous recevons (trop) régulièrement à Place Gre'net ce type de demande. De manière générale, nous y répondons par la négative dès lors qu'elles ne sont pas sérieusement argumentées (typiquement les deux exemples que tu cites). Le plus souvent, il s'agit de personnes qui ont eu un engagement politique ou syndical et qui, au moment de chercher du travail, se rendent compte que la première occurrence qui remonte les concernant est un article de Place Gre'net…
Quand il s'agit d'un article ancien et peu important avec des personnalités de second plan, on les arrange en anonymisant (en enlevant les noms par exemple et en supprimant les légendes et/ou les photos d'eux). Par contre, on refuse catégoriquement pour un article récent, d'intérêt général ou si la demande n'est pas réellement motivée.
Voici, pour info, un modèle de mail que nous avons rédigé et qui s'avère très utile pour les demandes "non pertinentes" :
Madame / Monsieur,
Je fais suite à votre mail en date du [DATE]{, puis au mail adressé par la Cnil en date du [DATE], vers laquelle vous vous êtes tournée}. Vous demandez ainsi la suppression de votre nom, prénom, ainsi que d'une photo et d'une vidéo dans un article publié sur [MEDIA] le [DATE] à propos de [SUJET DE L'ARTICLE].
Nous sommes toutefois au regret de vous confirmer que nous pouvons répondre favorablement à votre demande. Rejetant l'idée d'un droit à l'oubli numérique, la Cour de cassation a en effet jugé que supprimer un article ancien ou même seulement modifier son référencement, serait une atteinte excessive à la liberté de la presse (Cass. Civ, 12.5.2016, F 15-17.729).
Il n'est pas possible, explique-t-elle, d'obliger un organe de presse à supprimer une information de son site internet, ni même à modifier les noms et prénoms des personnes visées, ni encore d'en restreindre l'accès en modifiant le référencement habituel. La Cour note au passage que retirer les identités des personnes priverait l'article "de tout intérêt".
La Cour de cassation s'oppose donc strictement, lorsqu'il s'agit d'un organe d'information, au droit à l'oubli numérique et même au droit général, reconnu à chacun par la loi, de s'opposer à ce que son nom fasse l'objet d'un traitement de données.
{De surcroît, cette démarche apparaît d'autant plus surprenante, s'agissant d'un article dont vous êtes indirectement à l'initiative. En effet, ce reportage a été réalisé et publié par [MEDIA], suite à l'envoi par vous-même d'un communiqué de presse à la rédaction, le [DATE] (cf. mail ci-dessous).}
Bien évidemment, dans les autres cas de traitement de données, tout un chacun peut s'opposer pour des "motifs légitimes", selon la loi du 6 janvier 1978, à ce que son nom fasse l'objet d'un traitement automatisé.
Le traitement des données recueillies par [MEDIA] est d'ailleurs conforme à la NS n°48 et respecte l’ensemble des dispositions de la loi du 6 janvier 1978 modifiée et du RGPD. Ce traitement a, pour information, fait l’objet d’une déclaration effectuée auprès de la direction de conformité de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, enregistrée sous le numéro [NUMERO CNIL].
Cordialement,
[SIGNATURE]
et pour les cas les plus coriaces ou de mauvaise foi 😈 :
Au vu de tous les éléments précédemment exposés, nous vous confirmons à nouveau, si besoin était, que nous ne donnerons pas suite à votre demande. Par ailleurs, au cas où vous intenteriez une action juridique à l'encontre de [MEDIA] et/ou d'un de ses journalistes, nous demanderions en retour le paiement de dommages et intérêts pour procédure abusive, indépendamment de l'amende civile d'un maximum de 3000 euros à laquelle vous pourriez être condamnée comme le dispose l'article 32-1 du code de procédure civile.
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janvier 11, 2022 à 10:01 pm #851757SpiilMaître des clés
Publié par Mathieu Ozanam
Bonsoir Paul,
merci pour ta réponse et à la lecture de ta lettre, je comprends que vous y avez été confrontés et avez bien étudié le cadre légal.
Je la garde précieusement, tout en espérant ne pas avoir à aller jusque là. J'avoue que j'ai été un petit peu surpris de la demande venant d'un confrère.
Bonne soirée,
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janvier 11, 2022 à 10:44 pm #851756SpiilMaître des clés
Publié par Alexis Nekrassov
C'est joliment tourné, votre conseil a bien travaillé !
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janvier 12, 2022 à 11:35 am #851755SpiilMaître des clés
Publié par Yann Dubois
A noter que pour l'exercice du droit à l'oubli / doit à la vie privée tel que prévu dans le droit européen, ce n'est pas aux médias d'enlever leurs articles (comme bien expliqué par les autres contributeurs ci-dessus), mais au moteur de recherche de cesser de faire apparaître certains résultats dans certains pays quand on tape un prénom/nom. Google a un formulaire prévu pour cela, et y donne suite (dans ce cas le média reçoit d'ailleurs un mail de Google indiquant qu'une page n'apparaîtra plus dans certains pays pour certaines recherches). Donc de notre côté nous avons aussi un "mail standard" qui se termine ainsi:
"Il vous appartient de faire toute démarche utile directement auprès des moteurs de recherche en ce qui concerne les résultats que ces derniers associent à votre nom, et sur lesquels nous n'avons par nature aucun contrôle."
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janvier 12, 2022 à 11:38 am #851754SpiilMaître des clés
Publié par Yann Dubois
PS: et d'ailleurs le média est en droit de contester ce "déréférencement ciblé" (le mail automatique de Google reçu par le média l'indique), ce que nous faisons d'ailleurs systématiquement quand il s'agit de candidats à des élections qui regrettent leurs engagements passés dans une élection récente (mais là par contre Google ne donne pas suite), ou autres personnalités publiques qui cherchent à faire disparaître traces de leurs ennuis judiciaires passés par exemple…
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janvier 20, 2022 à 12:45 pm #851753Vincent GérardParticipant
Publié par Vincent Gérard
Bonjour,
Merci pour ces infos.
Je vous invite à consulter le pdf ci-joint qui comprend :
- une lettre de la CNIL
- le mail du monsieur qui voulait qu'on enlève sa photo
- ma réponse très succincte
- la nouvelle lettre de la CNIL qui hausse le ton
Merci de me suggérer ce que je dois répondre.
Vincent GERARD 06 18 00 20 37
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