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    • #800106
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Jean da Luz

      Cher Confrères,

      Comme vous avez pu le constater, Google a trouvé le moyen de détourner la directive sur le droit des auteurs. En menaçant de réduite la visibilité (donc l'audience) des supports français, Google "punit" l'ensemble de la presse française.

      Je n'en attendais pas grand chose personnellement et je ne sais pas si vous partagez mon avis mais je trouve que ça va trop loin. 

      L'arrogance et la manière dont Google se joue des gouvernements et des éditeurs est un véritable chantage auquel il me semble que nous pouvons et devons réagir.

      Je suggère, après une analyse juridique de la situation, que nous envisagions une action judiciaire regroupée en y associant les syndicats qui voudraient se joindre à nous.

      Qu'en pensez-vous ?

    • #850377
      Olivier Guichardaz
      Participant

      Publié par Olivier Guichardaz

      Plutôt d'accord, pour ma part.

    • #850376
      Maïté Torres
      Participant

      Publié par Maïté Torres

      Google a laissé les États, les politiques et l'Europe bavarder pendant des mois, dépenser de l'argent en commissions, expertises… et autres RDV, pour au final imposer ses règles. Cela montre bien la puissance de Google, devenu plus fort que les Etats.

      Cela est rageant, et je suis de votre avis à 100%. Mais si les Etats, la Commission Européenne… ne peut rien contre Google et les autres GAFA, que pouvons nous y faire ?

      Certes une action en justice, nous donnerai un peu de visibilité dans les réseaux informés (médias, politiques, juridiques), mais au final si nous perdons notre référencement sur Google, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Sans parler des frais de justice.

      A l'heure où certains envisagent un nouveau modele économique basé sur les annonces légales (ce qui sous-entend un minimum de visites), c'est se tirer une balle dans le pied que de se mettre dans cette situation.

    • #850375
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Florent Guignard

      Bonjour,

      Je n'y suis absolument pas favorable, pour plusieurs raisons :

      1. Le partage d'une fraction des revenus de Google avec la presse est en soi discutable (on organise le débat sur Le Drenche, je ne rentrerai pas dans le débat ici)
      2. Si effectivement, Google envoie une fin de non recevoir aux médias, sa décision est parfaitement légale
      3. Par conséquent, une action juridique de notre part, en plus d'entrer en conflit direct avec Google, aurait peu de chances de déboucher sur quoi que ce soit de satisfaisant.
    • #850374
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Didier Rykner

      Je suis, pour ma part, également complètement opposé à cela. Pour plusieurs raisons qui rejoignent celles de Florent Guignard :

      1. Être dépendant de Google pour nos revenus me semble une mauvaise idée. J'étais opposé à cette idée de droit voisin. Si tout le monde était payé, dans ce cas il n'y avait pas de raisons que nous ne le soyons pas (ce qui est la position du SPIIL),

      2. Sur le fonds, il faudrait savoir : soit Google doit payer parce qu'il pillerait les contenus (ce que je trouve en soi très discutable, parce qu'en l'occurrence il ne pille rien), soit il ne les pille pas, et il n'y a pas de raison qu'il nous paie. On ne peut avoir à la fois le beurre et l'argent du beurre, c'est ce que j'ai toujours pensé.

      3. Il n'y a à mon sens, rien d'illégal dans la décision de Google. Notre action – fort coûteuse – serait vouée à l'échec.

    • #850373
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Laurent Agostini

      Bonjour, Difficile de lutter contre Google, mais ce débat illustre un problème majeur de démocratie, et d'information. Google n'a pas de contre-pouvoir réel. Une action en justice n'est peut-être pas la seule solution. Je ne connais pas la provenance de votre trafic et votre indépendance ou dépendance vis-à-vis de google. Pour ma part, depuis des années, j'essaie de la réduire en activant les autres canaux, et surtout j'ai arrêté de faire de la pub sur Adwords, et n'ai jamais laissé des bannières adsenses. Cette affaire doit tous nous pousser (bien qu'acteurs du digital) à chercher nos sources de trafic ailleurs, et développer nos notoriétés directes par les utilisateurs. Ne laissons pas Google décider de nos destins, et de nos entreprises.

    • #850372
      Laurent Guillaumé
      Participant

      Publié par Laurent Guillaumé

      Entièrement d'accord avec Florent Guignard et Didier Rykner sur le dossier Google. Soit on considère qu'on joue avec Google qu'on nous apporte du référencement et donc du flux, soit on joue avec notre propre capacité à valoriser nos contenus au-delà de la sphère habituelle. La seule vraie réponse à apporter est sans doute celle d'imaginer un système concurrentiel à "google actu". On ne peut effectivement avoir le beurre et l'argent du beurre comme le précise Didier.

    • #850371

      Publié par Jean-Christophe Boulanger

      Bonjour à tous,

      Merci pour ces positions instructives !

      Il nous faut, à mon avis, sortir du débat sur les droits voisins (ou comment récupérer une rente depuis Google). Ce sujet est piégeux, il pose mal les termes du débat, et nous amène à l'impasse actuelle.

      Le vrai enjeu, c'est le danger pour notre démocratie que la diffusion de l'information en ligne dépende d'un petit nombre de sociétés commerciales. Laisser le choix de quel citoyen accède à quelle information à des algorithmes optimisés commercialement est très dangereux.

      Voici le projet de communiqué sur le sujet que prépare le bureau :

      Les droits voisins sont une chimère. Oui à une régulation ambitieuse des plateformes.

      Les droits voisins pour les éditeurs de presse sont une mauvaise solution à un vrai problème. Plutôt que de créer une nouvelle rente pour la presse, travaillons ensemble à une régulation démocratique de la diffusion de la presse en ligne.

      Depuis 2016, le Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (Spiil) ne cesse de le répéter avec constance, à l'opposé des autres organisations professionnelles de la presse. Après des années de lobbying intensif, une directive européenne a été adoptée, puis sa transposition dans le droit français en juillet dernier. En conséquence, Google vient d'annoncer qu'à compter du 24 octobre, seuls les titres de presse français renonçant à ce droit voisin bénéficieront d'un "aperçu" de leurs articles dans les résultats du moteur de recherche. Les autres devront se contenter de la simple mention du titre de l'article.

      Une mauvaise solution

      • Juridiquement, la directive européenne et sa transposition dans la loi française semblent inefficaces. Google, qui en était présenté comme la cible principale, vient de prendre une décision lui permettant de la contourner facilement. 
      • Pratiquement, la mise en œuvre de ce droit voisin révèle et accentue des divisions au sein de la presse. Aucun dialogue inter-syndical n’existe sur le sujet, malgré les exhortations de façade à l’unité. Il n’existe pas de consensus sur le type de presse qui en bénéficierait (quelle définition de “l’information politique et générale” ?), sur les modalités de collecte (via le CFC ?), sur le volume de ce qui serait demandé aux plateformes (combien de centimes le clic ?), ou encore sur la répartition (quelle importance accordée à l’audience ?).
      • Économiquement, le droit voisin ne représente rien de plus qu'une nouvelle “rente” censée remplacer progressivement les aides de l'État, qui, elles, sont appelées à décroître. Or, on sait que ces aides récurrentes, devenues depuis 1945 un élément permanent du compte d'exploitation d'une grande partie de la presse, n'ont pas permis de développer le pluralisme qu'elles étaient supposées défendre. La réduction drastique en 70 ans du nombre de quotidiens nationaux et régionaux en atteste. Ces aides n'ont guère été, non plus, un facteur d'innovation, mais ont, au contraire, favorisé un certain immobilisme. De ce point de vue, la “rente Google” n'aura pas plus de vertus que la “rente d'État”. 
      • Sur un plan démocratique, le droit voisin aura un effet totalement inverse à celui défendu par ses promoteurs, qui assurent qu’il permettra le renforcement d'un journalisme de qualité grâce à de nouvelles sources de financement. Le droit voisin créera au contraire mécaniquement une course au clic, puisque, parmi potentiellement d’autres éléments, c'est le clic qui sera rémunéré. Difficile de croire donc que le droit voisin encouragera la publication d'un reportage sur la guerre en Syrie.
      • Stratégiquement, enfin, cette nouvelle source de revenu renforcera de fait la dépendance de la presse à l'égard des GAFA. Or l'on constate, comme très récemment avec Google, que ceux-ci peuvent défendre leurs propres intérêts commerciaux de manière brutale et sans concertation. La presse, comme la démocratie, n'a rien à gagner à cette dépendance.

      Travaillons à une véritable régulation démocratique de la diffusion de la presse en ligne 

      Bien sûr, grâce à  leur puissance, Google, Facebook et les autres sont parvenus ces dernières années à capter une bonne partie des ressources publicitaires dont profitait auparavant la presse. Ils sont devenus aussi – et ce phénomène va encore s'accentuer – un indispensable diffuseur de la presse. Renforcer cette dépendance, déjà immense, en quémandant un droit voisin est une chimère.

      Que d’énergie perdue pour accoucher d’une souris ! Que de temps passé à ne pas s’occuper des vrais enjeux !

      Fondamentalement, notre secteur doit désapprendre à utiliser son pouvoir politique pour se créer des rentes garanties par la législation. Son indépendance, clé de la confiance du public dans ses contenus, est à ce prix. 

      Le vrai combat à mener est ailleurs : il faut exiger une vraie égalité de traitement dans la diffusion numérique de la presse, comme la loi Bichet l'a imposé depuis 1945 pour la presse imprimée. Ces règles numériques sont à imaginer et à négocier par une presse unie, avec les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. C'est de cela que dépend l'avenir d'une presse de qualité. 

      Le Spiil organise une table-ronde sur ce sujet lors de sa Journée de la Presse Indépendante, le 18 octobre. Participez à la réflexion, inscrivez-vous !

    • #850370
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Laurent Agostini

      Bonjour Jean-Christophe, Je partage votre point de vue, et suis en ligne avec le projet de communiqué. J'ajouterai que la presse, dans son ensemble, puisque tous les supports papiers ont pratiquement tous des déclinaisons en lignes, nous devrions œuvrer collectivement à la création d'un "Google de la presse européenne" régit par des règles et un fonctionnement qui ne seraient pas laissés au contrôle d'une entreprise américaine et commerciale.

      Nous en sommes là, parce que nous avons tous laissé rentrer le monstre dans la maison, et qu'il dirige désormais notre avenir. La question n'est pas un droit voisin mais d'assurer la pérennité de nos entreprises en investissant collectivement sur la création d'un canal de trafic sain pour la presse, un portail, moteur de recherche gratuit et de référence pour l'utilisateur. C'est possible ! C'est l'intérêt des états, des citoyens, pour la démocratie, la liberté de la presse de créer cet outil de référencement et de navigation. A la limite, nous aurions presque intérêt à ce que Google ne soit plus un index d'articles de presse professionnelle, contrebalancé par un outil défendu par la communauté européenne, et dont le pouvoir n'aurait pas pour objet de favoriser un média contre un autre, mais de présenter toute l'offre. Cette histoire est peut-être notre chance de changer les choses.

      Cordialement,

      Laurent

    • #850369
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Didier Rykner

      Je trouve que c'est une excellente idée. Autant il me semble impossible de concurrencer Google sur la partie moteur de recherche de tout le web, autant mutualiser nos forces (tous journaux d'informations confondus européens, voire de manière plus large, pour créer une "moteur de recherche actualité" me semble faisable. Et cela constituerait une alternative crédible…

    • #850368
      Maïté Torres
      Participant

      Publié par Maïté Torres

      Je reviens vers vous car nous venons de faire la procédure et le choix est simple.

      Soit vous êtes éditeur de presse et vous apparaissez sans photo et sans texte d’accroche
      Soit vous n’êtes pas éditeur de presse, ce qui signifierait que de fait nous sortirons de google news.

      Savez vous ce que nous devons faire, aucune autre alternative s’affiche. Il n’y a que 2 cases à cocher.

      [https://www.spiil.org/ncsphoto/6JVY5f6ATqkrsdSw_yF7ZhIYNwXyAqeJKLUwrF1LFG8XLNW_Bjeaw6E28R0YFGDN?fromEmail=1]<https://www.spiil.org/00557000007la1r?fromEmail=1&s1oid=00DD0000000lCaA&s1nid=0DB57000000CbVe&s1uid=00557000007W8sF&s1ext=0&emkind=chatterCommentNotification&emtm=1569949408068>
      Laurent Agostini<https://www.spiil.org/00557000007la1r?fromEmail=1&s1oid=00DD0000000lCaA&s1nid=0DB57000000CbVe&s1uid=00557000007W8sF&s1ext=0&emkind=chatterCommentNotification&emtm=1569949408068> (GREENWEB SAS)

      Bonjour Jean-Christophe, Je partage votre point de vue, et suis en ligne avec le projet de communiqué. J’ajouterai que la presse, dans son ensemble, puisque tous les supports papiers ont pratiquement tous des déclinaisons en lignes, nous devrions œuvrer collectivement à la création d’un « Google de la presse européenne » régit par des règles et un fonctionnement qui ne seraient pas laissés au contrôle d’une entreprise américaine et commerciale.
      Nous en sommes là, parce que nous avons tous laissé rentrer le monstre dans la maison, et qu’il dirige désormais notre avenir. La question n’est pas un droit voisin mais d’assurer la pérennité de nos entreprises en investissant collectivement sur la création d’un canal de trafic sain pour la presse, un portail, moteur de recherche gratuit et de référence pour l’utilisateur. C’est possible ! C’est l’intérêt des états, des citoyens, pour la démocratie, la liberté de la presse de créer cet outil de référencement et de navigation. A la limite, nous aurions presque intérêt à ce que Google ne soit plus un index d’articles de presse professionnelle, contrebalancé par un outil défendu par la communauté européenne, et dont le pouvoir n’aurait pas pour objet de favoriser un média contre un autre, mais de présenter toute l’offre. Cette histoire est peut-être notre chance de changer les choses.
      Cordialement,
      Laurent

      Afficher<https://www.spiil.org/0D72o000008pyJM?fromEmail=1&s1oid=00DD0000000lCaA&s1nid=0DB57000000CbVe&s1uid=00557000007W8sF&s1ext=0&emkind=chatterCommentNotification&emtm=1569949408068>
      ou répondre à cet e-mail

      Réponse à

      Cher Confrères,
      Comme vous avez pu le constater, Google a trouvé le moyen de détourner la directive sur le droit des auteurs. En menaçant de réduite la visibilité (donc l’audience) des supports
      … Plus<https://www.spiil.org/0D52o00009FIa0R?fromEmail=1&s1oid=00DD0000000lCaA&s1nid=0DB57000000CbVe&s1uid=00557000007W8sF&s1ext=0&emkind=chatterCommentNotification&emtm=1569949408068>

      [https://www.spiil.org/ncsphoto/6JVY5f6ATqkrsdSw_yF7ZtMFpcmMr89NqbGiGGIQctWbA05TST8-v-kyfb3noROK?fromEmail=1]<https://www.spiil.org/00557000007VPy2?fromEmail=1&s1oid=00DD0000000lCaA&s1nid=0DB57000000CbVe&s1uid=00557000007W8sF&s1ext=0&emkind=chatterCommentNotification&emtm=1569949408068>
      Jean-Christophe Boulanger<https://www.spiil.org/00557000007VPy2?fromEmail=1&s1oid=00DD0000000lCaA&s1nid=0DB57000000CbVe&s1uid=00557000007W8sF&s1ext=0&emkind=chatterCommentNotification&emtm=1569949408068> (Contexte)
      mardi, 1 octobre 2019 17:21<https://www.spiil.org/0D72o000008pyEH?fromEmail=1&s1oid=00DD0000000lCaA&s1nid=0DB57000000CbVe&s1uid=00557000007W8sF&s1ext=0&emkind=chatterCommentNotification&emtm=1569949408068>

      Bonjour à tous,
      Merci pour ces positions instructives !
      Il nous faut, à mon avis, sortir du débat sur les droits voisins (ou comment récupérer une rente depuis Google). Ce sujet est piégeux, il pose mal les termes du débat, et nous amène à l’impasse actuelle.
      Le vrai enjeu, c’est le danger pour notre démocratie que la diffusion de l’information en ligne dépende d’un petit nombre de sociétés commerciales. Laisser le choix de quel citoyen accède à quelle information à des algorithmes optimisés commercialement est très dangereux.

      Voici le projet de communiqué sur le sujet que prépare le bureau :

      Les droits voisins sont une chimère. Oui à une régulation ambitieuse des plateformes.

      Les droits voisins pour les éditeurs de presse sont une mauvaise solution à un vrai problème. Plutôt que de créer une nouvelle rente pour la presse, travaillons ensemble à une régulation démocratique de la diffusion de la presse en ligne.
      Depuis 2016, le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) ne cesse de le répéter<https://www.spiil.org/s/news/droits-voisins-viter-la-d-pendance-aux-plateformes-et-favoriser-le-pluralisme-20Y2o0000004C9DEAU> avec constance, à l’opposé des autres organisations professionnelles de la presse. Après des années de lobbying intensif, une directive européenne a été adoptée, puis sa transposition dans le droit français en juillet dernier. En conséquence, Google vient d’annoncer<https://france.googleblog.com/2019/09/comment-nous-respectons-le-droit-dauteur.html> qu’à compter du 24 octobre, seuls les titres de presse français renonçant à ce droit voisin bénéficieront d’un « aperçu » de leurs articles dans les résultats du moteur de recherche. Les autres devront se contenter de la simple mention du titre de l’article.
      Une mauvaise solution

      * Juridiquement, la directive européenne et sa transposition dans la loi française semblent inefficaces. Google, qui en était présenté comme la cible principale, vient de prendre une décision lui permettant de la contourner facilement.
      * Pratiquement, la mise en œuvre de ce droit voisin révèle et accentue des divisions au sein de la presse. Aucun dialogue inter-syndical n’existe sur le sujet, malgré les exhortations<https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/jappelle-tous-les-editeurs-de-presse-europeens-et-americains-a-rester-solidaires-face-a-google-1135719> de façade à l’unité. Il n’existe pas de consensus sur le type de presse qui en bénéficierait (quelle définition de “l’information politique et générale” ?), sur les modalités de collecte (via le CFC ?), sur le volume de ce qui serait demandé aux plateformes (combien de centimes le clic ?), ou encore sur la répartition (quelle importance accordée à l’audience ?).
      * Économiquement, le droit voisin ne représente rien de plus qu’une nouvelle “rente” censée remplacer progressivement les aides de l’État, qui, elles, sont appelées à décroître. Or, on sait que ces aides récurrentes, devenues depuis 1945 un élément permanent du compte d’exploitation d’une grande partie de la presse, n’ont pas permis de développer le pluralisme qu’elles étaient supposées défendre. La réduction drastique en 70 ans du nombre de quotidiens nationaux et régionaux en atteste. Ces aides n’ont guère été, non plus, un facteur d’innovation, mais ont, au contraire, favorisé un certain immobilisme. De ce point de vue, la “rente Google” n’aura pas plus de vertus que la “rente d’État”.
      * Sur un plan démocratique, le droit voisin aura un effet totalement inverse à celui défendu par ses promoteurs, qui assurent qu’il permettra le renforcement d’un journalisme de qualité grâce à de nouvelles sources de financement. Le droit voisin créera au contraire mécaniquement une course au clic, puisque, parmi potentiellement d’autres éléments, c’est le clic qui sera rémunéré. Difficile de croire donc que le droit voisin encouragera la publication d’un reportage sur la guerre en Syrie.
      * Stratégiquement, enfin, cette nouvelle source de revenu renforcera de fait la dépendance de la presse à l’égard des GAFA. Or l’on constate, comme très récemment avec Google, que ceux-ci peuvent défendre leurs propres intérêts commerciaux de manière brutale et sans concertation. La presse, comme la démocratie, n’a rien à gagner à cette dépendance.

      Travaillons à une véritable régulation démocratique de la diffusion de la presse en ligne
      Bien sûr, grâce à leur puissance, Google, Facebook et les autres sont parvenus ces dernières années à capter une bonne partie des ressources publicitaires dont profitait auparavant la presse. Ils sont devenus aussi – et ce phénomène va encore s’accentuer – un indispensable diffuseur de la presse. Renforcer cette dépendance, déjà immense, en quémandant un droit voisin est une chimère.
      Que d’énergie perdue pour accoucher d’une souris ! Que de temps passé à ne pas s’occuper des vrais enjeux !
      Fondamentalement, notre secteur doit désapprendre à utiliser son pouvoir politique pour se créer des rentes garanties par la législation. Son indépendance, clé de la confiance du public dans ses contenus, est à ce prix.
      Le vrai combat à mener est ailleurs : il faut exiger une vraie égalité de traitement dans la diffusion numérique de la presse, comme la loi Bichet l’a imposé depuis 1945 pour la presse imprimée. Ces règles numériques sont à imaginer et à négocier par une presse unie, avec les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. C’est de cela que dépend l’avenir d’une presse de qualité.
      Le Spiil organise une table-ronde<https://www.spiil.org/s/event2/a052o000017GMYEAA4/journ%C3%A9e-de-la-presse-ind%C3%A9pendante-2019> sur ce sujet lors de sa Journée de la Presse Indépendante, le 18 octobre. Participez à la réflexion, inscrivez-vous<https://forms.gle/oo6jHVMge4Tg8HKb8> !

      [https://www.spiil.org/ncsphoto/6JVY5f6ATqkrsdSw_yF7ZhIYNwXyAqeJKLUwrF1LFG8XLNW_Bjeaw6E28R0YFGDN?fromEmail=1]<https://www.spiil.org/00557000007la1r?fromEmail=1&s1oid=00DD0000000lCaA&s1nid=0DB57000000CbVe&s1uid=00557000007W8sF&s1ext=0&emkind=chatterCommentNotification&emtm=1569949408068>

      Laurent Agostini<https://www.spiil.org/00557000007la1r?fromEmail=1&s1oid=00DD0000000lCaA&s1nid=0DB57000000CbVe&s1uid=00557000007W8sF&s1ext=0&emkind=chatterCommentNotification&emtm=1569949408068> (GREENWEB SAS)
      Bonjour Jean-Christophe, Je partage votre point de vue, et suis en ligne avec le projet de communiqué. J’ajouterai que la presse, dans son ens

    • #850367
      Maïté Torres
      Participant

      Publié par Maïté Torres

      Je reviens vers vous car nous venons de faire la procédure et le choix est simple.

      Soit vous êtes éditeur de presse et vous apparaissez sans photo et sans texte d’accroche

      Soit vous n’êtes pas éditeur de presse, ce qui signifierait que de fait nous sortirons de google news.

      Savez vous ce que nous devons faire, aucune autre alternative s’affiche. Il n’y a que 2 cases à cocher.

    • #850366
      Spiil
      Maître des clés

      Publié par Didier Testot

      Bonjour à tous, je l'avoue j'ai été ravi que Google mette une claque aux médias "mainstream" et à leurs patrons de presse, qui prétendent savoir mieux que tout le monde ce que le numérique veut dire. Google n'a jamais eu besoin des médias, mais les médias ont laissé 80% des revenus pubs à Google et Facebook, et maintenant ils pleurent ! C'est la vie des affaires, si tu dépends de Google. Il vaudrait mieux contraindre les plateformes à respecter des règles communes sur les contenus, qu'ils ne se cachent pas derrière leurs technos pour influer des élections, héberger des contenus qu'aucun média n'aurait le droit de diffuser sans poursuites, mais eux au prétexte qu'ils ne sont pas des éditeurs, se permettent tout ! Le débat aux US porte sur démantèlement des GAFAS, pas inventer droit voisin par des vieux éditeurs de presse, gavés aux subventions pour leurs transformation numérique, mais peu innovants.

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