Position : Transparence et réorientation des aides

Aides à l'émergence : un changement de logique majeur, une portée encore modeste

Paris, le 2 septembre 2016. - Le Spiil salue les nouvelles aides à la presse instituées par le décret du 26 août 2016 relatif au soutien à l'émergence et à l'innovation dans la presse, ainsi que le changement de conception du rôle de l’État quant au soutien au pluralisme qu'elles représentent.

La réforme rend les aides du Fonds stratégique pour le développement de la presse plus favorables aux petits éditeurs, crée une bourse pour les entreprises émergentes et prévoit un soutien à des programmes d'incubation de nouveaux médias et à des programmes de recherche et développement.

L’entrepreneuriat enfin reconnu comme favorisant le pluralisme

Il est salutaire que l'État dépasse la vision traditionnelle des aides à la presse comme restreinte au soutien aux titres existants. Le pluralisme de l'information, fondement des aides à la presse, passe en effet également par la création de nouveaux éditeurs, divers dans leurs projets éditoriaux, leurs cibles, leurs modèles économiques et leurs implantations géographiques.

Le Spiil se félicite vivement de cette inflexion profonde de la conception qu’a l’État de son rôle de soutien au pluralisme, cohérente avec le rapport Presse et numérique - L’invention d’un nouvel écosystème de Jean-Marie Charon, qu'il avait salué, et avec les quatre propositions pour soutenir les entrepreneurs de presse qu'il avait formulées en 2015.

Une logique qui reste minoritaire

Ce Fonds de soutien à l'émergence et à l'innovation dans la presse, doté de 2 millions d'euros en 2016, représentera toutefois seulement 1,6% du montant des aides directes à la presse, qui elles-mêmes ne représentant que 10% du total des aides à la presse, telles qu'agrégées dans notre panorama des aides.

Comme le Spiil l'a mis en évidence, le chemin reste long pour rendre les aides moins conservatrices : le décalage est grand entre les usages, désormais majoritairement en ligne, et la proportion des aides directes bénéficiant au support papier, soit 93% en 2015.