Paris, le 1er mai 2013. – Depuis 2012, ne cesse de se développer un phénomène de “délocalisation” de l'information locale. Aux Etats-Unis, certains sites se présentant comme des publications d'info locale ou hyperlocale, notamment en Californie, sont alimentés par des contenus produits en réalité aux Philippines, par des rédacteurs réécrivant des communiqués de presse ou reproduisant des articles publiés par les "pure players" locaux américains.

Le même phénomène, mis en lumière récemment par une enquête d'Arrêts sur Image, touche les sites d'information locale français. Ainsi, plusieurs sites "low cost", baptisés "Bordeaux.actu", "Toulouse.actu" ou "Lyon.actu", sont en réalité basés en Tunisie.

Les articles, rédigés la nuit par des "rédacteurs web" d’une filiale tunisienne du groupe français Hi-Media (entreprise spécialisée dans la monétisation d'espace publicitaire sur Internet), consistent en une simple réécriture des articles des sites d'information locale (dont certains sont membres du Spiil).

Le Spiil s'élève contre cette concurrence déloyale, qui touche les aussi bien les "pure players" d'information locale que les sites web des quotidiens et hebdos locaux. Les sites d'information locale, qui vivent uniquement du web, sont plus particulièrement fragilisés par de telles pratiques, éminemment contraires à la déontologie journalistique.

"Il y a un double scandale : le pillage des sites d'information régionaux et locaux, et la création de sites soit disant d'information dont le but est uniquement de servir de support à de la publicité géolocalisée et de faire gagner de l'argent à la régie Hi-Média", dénonce Jean-Baptiste Rey, directeur du développement du site Aqui.fr.

Cette forme de production de l'information va à l'encontre des missions de la profession de journaliste, que sont la vérification des faits et le respect des lecteurs. En passant ces missions au second plan pour satisfaire une approche marketing de l'information locale, elle constitue une dérive inquiétante dont les lecteurs sont les premières victimes. Elle représente également une violation des droits d’auteur et de propriété intellectuelle.

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