Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a répondu à la demande du Spiil d'assurer une transparence dans les attributions d'aides publiques à la presse en ligne.

Dans sa réponse datée du 8 février 2010, le ministre de la Culture apporte un soutien de principe à la position du Spiil, tout en émettant des réserves sur les modalités de sa réalisation. Il écrit notamment : « Vous souhaitez qu'à l'issue des délibérations du comité d'orientation du fonds SPEL, le détail des attributions des aides soit rendu public. Je vous confirme que j'y suis définitivement favorable. C'est un gage de responsabilisation des pouvoirs publics, mais aussi des bénéficiaires, ainsi que de la profession, collectivement. »

Cependant, le ministre considère que cette « démarche légitime, fondée sur des intentions louables » peut soulever des difficultés liées au « secret des affaires » et à de « possibles effets contre-productifs pour les publications elles-mêmes ».

Le 15 janvier 2010, le président du Spiil, Maurice Botbol, avait écrit une lettre à Frédéric Mitterrand pour réclamer que les aides à la presse en ligne soient rendues publiques.

Le Spiil a également proposé, lors d’une réunion du comité d’orientation du fonds SPEL, le 16 février, une réunion entre représentants des éditeurs pour définir les informations qui pourraient être publiées et les modalités de publication, en répondant à la double exigence de transparence des aides et de protection du secret des affaires. Francis Morel, président du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), et Pierre Jeantet, président du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), ont accepté cette proposition.

Cette réunion doit se tenir le 11 mars à 15 heures.

Pourquoi le Spiil bataille-t-il pour cette exigence de transparence ? L’activité des journaux repose sur un actif essentiel mais toujours fragile : la confiance des lecteurs. Cette confiance ne peut exister que dans un cadre de transparence des intérêts de leur titre de presse : intérêts actionnariaux, mais aussi intérêts commerciaux ou politiques.

La transparence des aides est indispensable à la compréhension par le public de la nature apolitique des aides d’Etat et de leur compatibilité avec l’indépendance des titres de presse. Ces aides ont en effet pour objet d’aider au développement d’un secteur actuellement en pleine mutation, et nullement de créer un « guichet » à motivation politique ou d’influence.

Le Spiil a par ailleurs pris position pour l'équité dans l'attribution des aides à la presse entre les titres établis et les nouveaux entrants, exerçant dans les mêmes conditions et employant des journalistes.